Maliquefati – L’œuvre d’un héros

Couverture des Chroniques des Exilés

Il va sans dire que le blog est assez peu bavard ces derniers mois. Nous en sommes conscients et pourtant ce ne sont pas les idées d’articles qui manquent. Ce soir toutefois, je compte bien vous régaler, je l’espère, avec un vibrant hommage. Mais avant tout, il est nécessaire de replacer quelque peu le contexte.

Tout commença il y a 16 ans, alors que je me lançais dans une grande campagne du jeu de rôle Warhammer Fantasy, seconde édition. Tout droit sortie de mon imaginaire dérangé, cette campagne était celle de Melchior & la Fée corrompue. L’aventure prenait place dans l’Empire en 2519 du calendrier impérial et embarquait tout un groupe de héros d’horizons bien divers dans une enquête tordue, à la recherche d’un Répurgateur accusé de meurtre sur la personne d’un éminent membre du Collège de Magie d’Altdorf.

Étendue sur de nombreuses années, notre rythme de jeu étant réduit à une énorme partie annuelle, cette épique aventure trouva sa conclusion dans une version alternative du monde de Warhammer que nous connaissons (n’en déplaise aux puristes, sans rancune !), lors d’une grande bataille au cœur de la cité d’Altdorf assiégée par une légion de morts-vivants menés par Heinrich Kemmler himself (soyez rassurés, les gentils héros ont gagné mais avec une fin douce amer).

Cette vaste campagne vit la création de nombreux PNJ assez hauts en couleurs (Aaaah… Ma chère Cydonie…), au point d’éprouver personnellement une certaine tristesse à les abandonner, tous comme les héros campés par mes amis joueurs. Trois ans plus tard, une nouvelle idée germa dans mon esprit et vint très vite l’envie incontrôlable de poursuivre l’aventure. C’est ainsi que fut lancée la campagne Les Exilés.

Le concept : trouver une excuse pour bannir les héros de l’Empire (facile !) et les envoyer se perdre dans les Principautés Frontalière, vaste bac à sable avec lequel j’allais pouvoir créer librement un environnement à problèmes (en créant mes propres Principautés, jetant au rebus la carte officielle). Et la pierre angulaire de cette campagne allait être un village maudit, fief des héros.

Il serait bien trop long de vous raconter tout ce qu’il s’est passé d’incroyable durant cette campagne. Mais résumons tout de même un peu. Exilés et sans terre, les héros avaient trouvé refuge sur une butte rocheuse où gisaient les restes d’un village abandonné, Maliquefati, dominé par un antique temple autrefois dédié à une divinité oubliée, Moïra, à présent perverti par l’aura sinistre d’un infâme nécromancien, Ansgar, sommeillant au plus profond de l’édifice, devenu son tombeau.

Qu’ont fait les héros dans tout cela ? Embrassant la cause d’un nouveau compagnon de route rencontré durant leur exil, Travick Dortrim, dont l’ancêtre n’était ni plus ni moins que Terlor Dortrim le fondateur du village maudit suite à sa défaite contre Ansgar, les héros se sont mis en tête de rebâtir Maliquefati, explorer ses environs, nouer des relations diplomatiques et commerciales avec les principautés voisines et accessoirement, éliminer la vermine dormant sous ses pieds. Ce fut l’occasion de nombres de péripéties, de rencontres incroyables, de retrouvailles avec d’anciens compagnons et ennemis, de secrets antiques exhumés et de terribles tragédies. Au bout du compte, Maliquefati fut reconstruite et libérée de sa malédiction mais non sans sacrifices.

Cette campagne fut personnellement une expérience intense en terme de création, d’expérimentation et d’écriture, le tout bercé par une playlist que j’écoute régulièrement pour replonger intérieurement dans cette épopée (j’adore mettre mes parties en musique afin d’ajouter un peu d’émotion #jeracontemavie #jeparletrop). Si la première campagne disposait déjà de nombreux PNJ, ce n’était rien à côté de cette nouvelle aventure. Je dois dire que j’ai pris un plaisir immense à la mener de bout en bout, grâce à l’implication des héros (et des joueurs par leur incarnation). Au terme de l’aventure, j’étais encore plus triste que pour la première campagne mais j’étais fier du travail accompli et fier d’avoir de tels joueurs autour de ma table. J’avais clairement mis mes tripes dans tout ça, en allant même jusqu’à centrer l’intrigue principale sur l’héritage d’une ancienne famille de héros, les Dortrim, nom Ô combien important dans ma vie, puisqu’il nous a accompagné, mes amis et moi, dans notre vie de rôliste, de créateurs et de gamer, bref, un nom qui prend aux tripes et appelle à une profonde nostalgie. C’était en quelques sortes un cadeau que je faisais à mes potes et pourtant, malgré les retours enthousiastes suivant la conclusion de la campagne, j’allais subir un terrible revers un mois après avoir clôt cette campagne, et pas par n’importe qui…

Voilà ce que j’ai trouvé, de mémoire un soir de février 2026, caché dans un carton offert par mon très cher ami Uldaric. Le vil félon avait tout orchestré de sa main. Le plan était simple : me faire chialer comme une madeleine. Lorsque j’ai soulevé le carton occultant cette merveille de patience et de méticulosité, je crois me souvenir avoir fait un bref blocage le temps de comprendre avec stupéfaction que ce fieffé gredin avait réalisé dans mon dos, en un mois seulement, une reproduction de Maliquefati à partir de plans du village glanés sur diverses photos de nos parties de jdr. Vous imaginez la perversité de la chose ! Non ?

Une fois l’émotion incontrôlable à peu prêt maîtrisée et les larmes roulantes taries, une immense fierté m’a submergée. Celle d’avoir la chance de côtoyer un ami au talent incroyable, récompensant en une reproduction minutieuse tous mes efforts déployés dans la création de toutes ces histoires des années durant. Il a su magnifiquement concrétiser sous forme d’un diorama exceptionnel la vision que j’avais de Maliquefati, et que dire si ce n’est qu’il s’agit de l’un des plus beaux cadeaux d’anniversaire qu’il m’ait été offert. Merci à toi mon ami. Tu es l’un de mes héros et il m’était impossible de ne pas mettre ton œuvre en avant. J’espère que tu ne m’en voudras pas d’avoir dévoilé ton talent à nos rares lecteurs (et merci aux petites mains qui t’ont assisté dans cette création 😉 !).

A présent, je vous laisse avec quelques photos supplémentaires du travail d’Uldaric et une poignée de documents de jeu relatifs à Maliquefati si jamais vous souhaitez en apprendre un peu plus sur l’histoire de Travick Dortrim et ses ancêtres. Merci pour votre patience, merci d’avoir tout lu et à bientôt !

12 commentaires à propos de “Maliquefati – L’œuvre d’un héros”

  1. Un diaporama magnifique en guise de cadeau pour sceller une amitié. Voilà ce que le jeu nous offre, des émotions, des échanges d’idées, de créativité et une passion commune qui nous anime tous

  2. Même sans connaître le village c’est déjà très impressionnant, je n’ose imaginer ce que tu as pu ressentir avec le mien que tu as avec ce lieu lié à tant de souvenirs.

    Merci de l’avoir partagé avec nous !

  3. En réalité, vous vous doutez bien que comparé à l’investissement personnel, et au coeur mis à développer sa campagne, ses personnages, des intrigues, etc… ce petit retour des choses n’est finalement qu’un petit remerciement sincère et mérité. Un grand merci surtout à toi donc, de nous faire vivre toutes ces palpitantes aventures !

  4. Je ne sais même pas si je suis digne d’avoir porté, le temps de cette campagne, le nom de Dortrim.
    Je n’ai pas participé à la première campagne et je suis arrivé dans la campagne des Exilés avec un personnage ayant une histoire hors du commun. Mais cette histoire, je ne la connaissais pas. Ni en tant que joueur, ni en tant que personnage.
    Et ce personnage, tu m’as aidé à le construire, au fil des aventures que tu as si magnifiquement écrites et interprétées, au travers de tous ces PNJ marquants. J’ai été profondément touché que tu aies pensé à moi pour incarner ce personnage. Je ne mesurais pas l’importance de mon rôle dans cette histoire, et c’était finalement bien mieux comme ça.
    Il est vrai que, n’ayant pas participé à la première campagne et avec ma mémoire de poisson rouge, j’ai souvent eu besoin de quelques rappels sur les différents personnages que nous rencontrions. Mais même si je ne peux pas dire que je me souviens de tous les détails de cette épopée, j’ai gardé en moi toutes les sensations que nous avons ressenties durant cette histoire : la peur, la joie, le courage, l’héroïsme, mais aussi de la grande tristesse.
    Et je crois que c’est là que se mesure ton talent de maître du jeu.
    Parce que tu n’as pas simplement écrit une histoire. Tu as créé un monde dans lequel nous avons pu vivre quelque chose. Tes textes, tes personnages, tes PNJ, ta manière de les interpréter, tous ces petits détails… tout cela a donné une âme à cette aventure. Une âme suffisamment forte pour que, même si j’ai oublié une multitude de détails, il m’en reste encore les émotions.
    C’est grâce à tes talents d’écriture et de conteur que Maliquefati a dépassé, pour nous, le simple statut de lieu pour devenir LE personnage principal de cette histoire.
    Et le cadeau de Lolo en est, à mon avis, le plus bel exemple. C’est bien parce que tu as réussi à lui donner suffisamment de vie que Maliquefati continue d’exister dans nos souvenirs, bien au-delà de nos parties.
    Alors merci.
    Merci de m’avoir fait confiance pour incarner Travick Dortrim. Merci de m’avoir permis de découvrir son histoire en même temps que lui. Et surtout, merci pour tous ces moments que tu nous as fait vivre.
    Je ne sais toujours pas si j’étais digne de porter le nom de Dortrim.
    Mais je sais que j’ai été sacrément chanceux d’avoir pu vivre cette histoire sous ta plume et derrière ton écran de maître du jeu.
    Et si aujourd’hui je garde encore quelque chose de Travick en moi, c’est aussi parce que tu as été suffisamment talentueux pour lui donner une histoire qui méritait d’être vécue.

    • Merci pour ton commentaire touchant mon cher Rémi. Et pour répondre à ta question, tu étais tout à fait digne. Comme tout héros dans son chemin de construction, tu as initié un voyage dans l’inconnu, jusqu’à saisir pleinement l’ampleur de ton héritage. Et en contribuant à libérer Maliquefati de l’insidieuse influence d’Ansgar, tu as accompli le destin de ton avatar avec brio !

  5. Que c’est dur d’écrire ces quelques mots…Non pas qu’il soit difficile d’en parler mais par où commencer et par quoi ?
    Après de nombreuses heures passées sur le trône à ruminer ces quelques lignes, je prends le parti de ne pas directement écrire sur l’expérience elle-même, hormis ces quelques mots : elle est et restera gravée sur mon palimpseste jusqu’à mon dernier souffle.
    En revanche, l’auteur est une grande source d’inspiration, un ami, un frère. Quoiqu’il puisse advenir, dans cette vie ou dans une autre, je pourrai me vanter d’avoir croiser le chemin de Drenark, un génie (je le pense sincèrement) aux talents innombrables et d’une grandeur d’âme sans commune mesure. Cette épopée n’est que le reflet de sa personne, investi, généreux, altruiste, perfectionniste, bosseur et tellement d’autres choses encore. On ne lui rend pas toujours mais comment rivaliser ? Inutile, ça n’a jamais été le but recherché, il suffit de se laisser porter et la magie opère.
    Maître Drenark, juste « Wow » et, comme je vous l’ai dit, je ne compte pas en rester là avec cette histoire, pour moi, elle n’aura jamais de fin.

  6. Mon cher Rudy, merci pour ta visite et ton commentaire élogieux. Nous tournerons éternellement en rond dans les courbettes tant je te dois, tant tu m’as inspiré durant mon expérience de MJ toutes ces années durant.

    J’espère un jour retrouver Aldébaran, aux côtés de ses frères d’armes, pour écrire une nouvelle page de Maliquefati mais il faudra être patient et achever d’ici-là d’autres aventures issues d’autres mondes merveilleux sous la plume d’autres personnes talentueuses 🙂 .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*