Rangers of Shadow Deep et le pouvoir de l’immersion !

L’univers de la figurine est vaste et depuis toujours, ce que j’aspire le plus en poussant ces petits morceaux de plomb (ou de plastique), c’est de vivre une histoire hors du commun. Rôliste depuis mes jeunes années boutonneuses, le côté narratif et l’ambiance, tiennent une place importante dans mon cœur et même si cela ne me dérange pas occasionnellement, j’évite autant que possible les jeux où l’on passe la moitié du temps de jeu le nez dans le bouquin de règles. Ça ne veut pas dire que le jeu est mauvais, simplement que je préfère un jeu léger en règles mais à l’ambiance terrible, plutôt qu’un jeu où retenir tous les points de règles est en soit une aventure. Et même s’il est loin d’être parfait, à l’instar de ses bases dont l’origine remonte à Frostgrave, Rangers of Shadow Deep s’inscrit pour moi dans la catégorie « ambiance terrible ».

 

C’est durant le premier confinement (ou un peu avant, je ne sais plus) qu’Uldaric m’a parlé de Rangers of Shadow Deep, avançant le fait que son auteur était celui de Frostgrave, jeu que j’ai particulièrement apprécié, comme en témoigne l’un de mes précédents articles. Partageant le même moteur de jeu (avec quelques adaptations) j’ai alors été séduit par Ranger pour deux choses : sa part narrative et son côté coopératif (même si j’aime jouer le tout puissant Maître du Jeu, partager et subir l’aventure en compagnie de ses potes est un plus indéniable). La suite est aisément prévisible : le livre de règle a terminé dans ma collection quelques mois plus tard. Uldaric en avait fait l’acquisition bien avant moi (pour sa sortie française il me semble) et ses retours étaient déjà très motivants.

Mais c’est à l’occasion d’un week-end en compagnie de mes amis de la Mandragore, en pleine chaleur écrasante du mois d’août, que j’ai eu le droit à une première initiation. Je n’avais pas eu le temps de lire les règles mais connaissant celles de Frostgrave, l’assimilation des changements fut rapide. J’ai eu le droit aux deux premiers scénarios de la mission 1 et j’ai définitivement été emballé, confortant mon achat et attendant avec grande impatience notre partie avec Uldaric.

 


Fin août, la partie de la team Boomstick-Studio put enfin se tenir, en compagnie de notre ami Yrsen, avec une belle table et des figs entièrement peintes. Une fois le premier scénario mis en place, j’ai dégainé l’appareil photo afin d’immortaliser ce moment, pour le plaisir des yeux et vous faire un petit article. Je vais vous passer les détails de la mission, le but ici n’étant pas de dresser un rapport de bataille, ni de développer toutes les mécaniques du jeu. Ce que je souhaitais surtout mettre en avant pour Rangers of Shadow Deep (je sais, je ne suis pas le premier et sans doute pas le dernier), c’est dans un premier temps son potentiel de rejouabilité.

 

 
Il est clair qu’une fois nos Rangers haut niveau, la difficulté peut s’avérer légère mais rejouer les missions peut parfois donner du fil à retordre si la chance n’est pas au rendez-vous sur les jets de dés. A l’heure actuelle, j’ai dû jouer la première mission 5 fois si je ne me trompe pas, dont une en mode épique, et même si l’on connaît le déroulé scénaristique, le challenge ne fut pas le même à chaque coup (surtout quand on tente l’aventure avec des compositions de personnages différentes). Il y a eu des parties où l’on a roulé sur les monstres et d’autres où la mort n’est pas passée loin. Chaque partie fut donc différente et cela fut renforcé par des mises en place variées notamment une en mode Frostgrave pour la déco.

 

 
Mais ce que j’adore dans ce jeu, c’est son parti pris narratif qui nous renvoie directement au jeu de rôle (appuyé avec son système de compétences). Je sais que dans l’univers de la figurine, il existe, comme dans celui du jeu de rôle, de nombreux profils de joueurs et certains n’aiment pas Rangers of Shadow Deep pour son système D20, trop extrême dans la réussite ou l’échec, mais sa force est vraiment la mise en place d’une histoire sur le long terme, avec un évolution de personnage digne d’un jeu sur table (même si j’en conviens, il y a plus complet comme système de progression).

 

 
Avec sa mécanique de jeu, il est aisé de mettre en place de nombreuses aventures originales à partager avec ses potes, que ce soit en mode investigations ou dungeon crawling. Il me tarde d’ailleurs d’explorer cette possibilité, une fois que nous aurons terminé toutes les missions du livre de base. Et à ceux qui pourront dire, en toute légitimité, que l’IA des monstres est des plus basiques, il est simple pour n’importe quel joueur chevronné d’ajouter des conditions à certains monstres du bestiaire si l’on veut corser les rencontres. Tout dépend des joueurs finalement et de leur relation avec le jeu à savoir, être simplement consommateur (ce qui n’est pas péjoratif et se respecte) ou acteur et se l’approprier.
 
 


Rangers of Shadow Deep est aussi un bon moyen de ressortir toutes nos figurines et nos décors pour se faire plaisir et ça c’est aussi un autre point sur lequel je souhaitais insister (ok, par contre si l’on débute dans la fig, c’est plus compliqué car, à moins d’avoir hérité de la collection de papa, du grand frère ou d’un généreux donateur, c’est peau de zob et la note risque d’être salée pour se constituer une base minimum de figurines). C’est aussi un jeu que je trouve parfait pour initier les néophytes au jeu de figurine. Plaisant à regarder, lorsque l’on met en place une belle table, facile à jouer, c’est le top du top pour attirer de nouveaux joueurs sans compter que c’est aussi un jeu aisément convertible à d’autres univers et c’est ce sur quoi je vais terminer.

 

 

 

Rangers of Shadow Deep est une base fantastique pour mettre en place d’autres jeux narratifs. Après tout pourquoi ne pas utiliser vos figurines du Seigneur des Anneaux pour rejouer les aventures de la communauté avec vos mini trolls ? Ou celles de Warhammer pour des aventures épiques dans le Vieux Monde ? Ou encore vos figurines d’Assaut sur l’Empire pour du Star Wars (je crois qu’un gars s’y est déjà attelé pour ce dernier univers) ? Certes, quelques adaptations seront sans doute nécessaires mais rien de bien sorcier. Si vous souhaitez passer un bon moment et aller à l’essentiel, ce jeu ouvre de nombreuses portes. D’ailleurs, je bosse actuellement sur une conversion post-apo afin de jouer dans un univers perso, RadBerry, mais ça, on en reparlera un de ces jours, lorsque j’aurai quelque chose de potable à vous montrer…

 

 

 

Bref, un grand merci à Mr. McCullough pour son Rangers of Shadow Deep qui, me concernant, est une pépite ludique pour passer un bon moment de jeu avec les potes ou la famille. J’attends d’ailleurs vivement la fin de ce confinement pour remettre ça sur le tapis et poursuivre nos aventures dans l’Ombrefosse !

Warhammer Quest 1995 – Remade

 
Photo couvercle Warhammer Quest 1995

Ah, Warhammer Quest cuvée 1995. Cela fait partie des jeux Games Workshop sur lesquels je lorgnais quand j’étais collégien mais hélas, bien trop cher pour moi, je ne pouvais que lécher la vitrine de Mercredi (boutique de jeu bien connue à cette époque par chez nous) et envier tous les petits veinards qui pouvaient se l’offrir. Aujourd’hui, c’est encore plus cher sur le marché de l’occasion et de plus, très difficile à trouver ! Tout espoir de rejouer à ce PMT* était-il donc perdu à jamais ? Non ! Car avec un peu de patience, il existait (et existe encore) une solution toute simple : concevoir soi-même son Warhammer Quest. Certes, ce n’est pas le produit original mais faute de mieux, on peut s’en approcher et faire découvrir ce petit bijoux classique à nos mini trolls, ceci à moindres frais.
 

Photo dos boîte Warhammer Quest 1995
 
Un jour d’errance sur le net, je suis tombé sur un site rapidement enregistré dans mes favoris, à propos Warhammer Quest 1995 : celui de Kurt Helborg (http://kurt.helborg.free.fr/). Véritable mine d’or pour quiconque souhaite se fabriquer un WQ maison, on y trouve aussi du Mordheim et d’autres documents dans l’univers de Warhammer. Lors de cette découverte, je me suis empressé de télécharger tout ce qu’il fallait pour jouer mais j’ai laissé ça de côté des années durant. Et puis l’envie de concrétiser ce projet est revenue, comme ça, d’un coup (pour le meilleur et pour le pire, je fonctionne souvent ainsi…). La base de documents fournis par Kurt était (et est toujours) top, mais j’avais alors dans l’idée d’approfondir cette version perso et lui donner une identité graphique proche de la seconde édition du JDR Warhammer, que je masterise depuis de nombreuses années. Et puis c’était aussi pour le plaisir d’ajouter à ce « Remade » ma patte personnelle.

Couverture Warhammer Fantasy JDR 2nd éditionTable des matières Warhammer Fantasy JDR 2nd édition
Carrière Warhammer Fantasy JDR 2nd édition

 
Profitant de la version boîte originale d’un ami, j’ai dans un premier temps moi-même scanné certains éléments afin de compléter le travail de Kurt. Je me suis basé sur ses scans de tuiles dont j’ai rehaussé les couleurs et gommé quelques défaut d’impression pour ensuite les imprimer, les pelliculer et les contrecoller sur pvc expansé d’épaisseur 3 mm. Satisfait du résultat, je me suis dit quelque temps après que je lui aurai
finalement préféré un pelliculage satiné, car le brillant reflète trop
la lumière et c’est parfois gênant en jeu, selon l’éclairage ambiant. Mais bon, tout cela n’est qu’une question de confort.
 

Passé cette première étape, j’ai commencé à rassembler des figurines officielles et des proxys pour remplir le cahier des charges Créatures de cette édition de 1995. Autant dire que cela n’a pas été simple. D’ailleurs, il me manque encore quelques modèles et ça va sûrement se terminer par du proxy. Certaines sont d’ailleurs en commande chez l’ami Uldaric capable de faire des tours de magie avec son imprimante 3D. Mais ce dont je souhaitais principalement vous parler dans cet article est la refonte visuelle d’une partie du matériel de jeu, en accord avec l’esthétique de Warhammer Fantasy JDR 2nd édition (seule la typo diffère en partie, la Caslon Antique est selon moi illisible lorsque les textes sont trop petits sur une carte). 
 
 
 
 
 
Dans un premier temps, je me suis attelé à reproduire toutes les cartes Donjon, les Cartes Événements et les Cartes Sorts. Le Dos des cartes est identique à l’original de la version 1995 (j’ai simplement fait un peu de nettoyage et créé du fond perdu pour la coupe) mais le recto lui est différent (bien que les codes de présentation soient en règle générale respectés). Afin de protéger les cartes des mains
grasses, des verres renversés et j’en passe,
je les ai plastifiées (du moins une partie. Les autres sont pour le moment dans des pochettes à cartes. Leur tour viendra prochainement).
 
 

 
Il me reste encore du travail et actuellement, j’en suis aux Cartes Trésors dont je détoure toutes les illustrations des cartes de base pour mieux les intégrer sur ma nouvelle mise en page, dont voici un aperçu ci-dessous (fichier en cours de travail où il manque l’illustration).
 

Tout a été réalisé pour une impression propre en haute définition et aux petits oignons pour mon plaisir personnel et l’envie de partager ça avec les potes. Ensuite, l’idée de mettre ces fichiers à disposition pour celles et ceux que cela pourrait intéresser m’est venue en tête. Le but n’est aucunement de prétendre à un Remaster complet ni de remplacer là le travail de Kurt Helborg, mais simplement d’avoir une alternative pour qui n’est pas allergique à la V2 du JDR 😉 . Car autant le dire, ce n’est pas parfait non plus et des coquilles se sont sans doute glissées dans ma saisie des textes (du moins j’espère que non en fait) mais bon, adapte du partage, si ça peut être utile, autant que cela ne serve pas qu’à moi ! Et allez savoir, peut-être qu’un jour il y aura même des cartes personnalisées ou personnalisables…
Il ne vous reste plus qu’à cliquer ci-dessous pour récupérer les premiers éléments mis à disposition de bon coeur (qu’il vous est aussi possible de récupérer dans la toute nouvelle page de Téléchargement, compilant toutes les ressources personnalisées que nous mettons à disposition de la communauté. C’est encore vide mais ça va se remplir tranquilement).
 
 
Il va sans dire, par le plus grand des hasards, que si Games Workshop vient à mettre son nez là dedans, et qu’il nous envoie une horde de Répurgateurs pour retirer ce contenu, je ferai tout disparaître dans les méandres abyssaux du grand rien où pas même les dieux du Chaos ne pourront les retrouver. En attendant, ravi de partager tout ça avec vous et n’hésitez pas à me faire part de vos impressions (au sens propre comme au figuré) !

*Porte Monstre Trésor

Pillards – Castagne Post-Apo !

 

Et voilà ! Le secret est levé ! La petite nouveauté sur le blog est la mise à disposition publique des règles de Pillards, jeu d’escarmouches post-apocalyptiques, dont les règles de bases ont été écrites aux alentours de 2012 par Mathieu Néhémie, un figuriniste passionné à présent éditeur de jeux chez Borderline Editions. Ce jeu ne vous est sans doute pas étranger puisque nous avions déjà publié un petit article le concernant, dans les débuts du blog.

Ayant mis la main sur la première version des règles en 2012, grâce à nos amis de la Mandragore (toujours sur les bons coups ceux-là), Pillards nous a séduit par ses règles pouvant être assimilées rapidement et privilégiant le fun avant tout. Il existe des jeux post-apo plus poussés en terme de simulation, c’est certain, mais Pillards nous a vraiment tapé dans le rétroviseur et c’est pourquoi nous avons enchaîné de nombreuses parties et apporté nos petites modifications perso au fil du temps.

Récemment, nous avons repris contact avec Mathieu, à qui nous avions déjà témoigné par le passé notre amour de Pillards, afin de connaître sa position sur sa création, n’ayant pas évoluée entre ses mains depuis sa publication. Nous voulons effectivement diffuser plus largement la bonne parole et de ce fait avons demandé son autorisation. À présent sur de nouveaux projets, Mathieu nous a donné sa bénédiction pour prendre le relai sur son jeu ! Imaginez notre joie lorsque nous avons appris ça ! Quelle journée ! Ô quelle magnifique journée !

Soyez donc témoins pousseurs de plomb ! Désormais une nouvelle page fait son apparition sur Boomstick-Studio, entièrement dédiée à Pillards. Là, vous y trouverez tous les documents pour vous lancer dans une partie endiablée à bord de véhicules lancés à vive allure, au cœur d’un monde qui sent la sueur, le sang et le gasoil !

Nous sommes vraiment contents de partager ce jeu plus largement avec vous (certains de nos lecteurs l’ont peut-être déjà testé entre eux ou avec nous lors de conventions dans la région Centre) aussi, n’hésitez pas à nous faire part de vos retours dans les commentaires !

À venir dans un prochain article, un rapport de bataille. En attendant, bon jeu dans les Terres Désolées !

Frostgrave – L’aventure des culs gelés

 Mais Queoi !? Un article ? Oui chers lecteurs ! Qui devait être initialement posté courant… Décembre 2019. Ah, l’art de procrastiner. Nous allons donc parler ici de Frostgrave, jeu fort sympathique qui posera les bases d’un autre jeu fantastique : Rangers of Shadow Deep. Mais nous aborderons ce dernier ultérieurement car il semble bien faire un carton.

 

Revenons donc à Frostgrave si vous le voulez bien. Basé sur le d20, son système est aussi simple que punitif par moment (optimisation des sorts donnant lieu à des combos bien sales parfois). C’est d’ailleurs ce qu’il lui vaut certains crachats de quelques figurinistes mais ce que nous avons aimé de notre côté, c’est sa facilité d’accès pour y jouer entre expert et néophytes. Son charme vient également de son ambiance glaciale, paysage plus « coloré » que celui de Mordheim. Ca change un peu et ce n’est pas plus mal. Le hic, c’est la neige, oui, cette fichue neige.

Invité à un tournois entre amis, pour un week-end, je me suis mis au turbin afin d’apporter une modeste table typée Frostgrave. De son côté, Uldaric faisait chauffer l’imprimante 3D pour meubler un peu tout ça. C’était du boulot et le délai avant le tournois serré comme d’habitude (ou est-ce plutôt parce que nous prenons parfois un peu trop notre temps ? Mmmh, à voir).

 

Le plus pénible fut de dessiner tous les pavés (j’ai horreur de ça mais a-t-on le choix pour une table de ce genre…) mais une fois peinte, la plaque rendait plutôt pas mal et se casser le poignet à représenter ces derniers valait le coup. Vint ensuite l’application de la neige et franchement, je ne suis personnellement pas hyper fan du résultat. J’ai testé plusieurs flocages (Army Painter, Warlord, et un autre dont j’ai perdu le nom) et il faut dire qu’on est loin de certaines belles photos glanées sur le web. Le bicarbonate rend bien mais ayant trop peur que cela jaunisse, j’ai préféré m’en passer… Mais bon, il faut avouer que le résultat final est tout de même acceptable. Pour les cours d’eau gelés, je souhaitais au départ tenter la résine et puis finalement, je suis allé au plus simple en sculptant tout ça au cutter (de plus mon budget flocage avait déjà un peu explosé…).

 

Voilà voilà, pas de quoi s’éterniser non plus car c’est un décors assez classique dans le fond. Cela demande juste une bonne préparation au départ pour le découpage des plaques (ici en 60 x 60 cm) afin d’obtenir plusieurs combinaisons pour varier les parties.

Je n’ai pas de photos du tournois à vous proposer mais en revanche, j’en ai quelques unes d’une partie avec Uldaric et notre comparse Yrsen, que nous avons initié peu après ce dernier. Ca manque entre un peu de bâtiments pour briser les lignes de vue mais ça viendra peut-être un jour. C’est tout de même sympa comme décors et ça change. En revanche, il est plus difficile de recaser les décors pour un autre jeu.

Quoiqu’il en soit, c’est une table que j’ai plaisir à sortir, surtout quand elle est mise en valeur par les décors 3D d’Uldaric ! Je vous dis à bientôt pour de nouveaux articles et surtout, une petite nouveauté sur le blog mais chut, chut ! C’est top secret pour le moment 😛 …

RadBerry – Du grandeur nature à la miniature

 

Comme vous le saviez peut-être déjà, avec Uldaric nous sommes joueurs de jeux de rôle grandeur nature, en plus d’être figurinistes et rôlistes. C’est ce qui explique en partie le fait que l’on soit longs pour poster de nouveaux articles. On se disperse pas mal sur différents projets. Pour aller à l’essentiel, en 2016, je prenais le pari fou d’organiser un mini GN (et non une murder, j’insiste sur la nuance) d’une journée pour une vingtaine de participants. L’univers, bien qu’inspiré de Fallout (1 et 2), Wasteland, Mad Max et autres classiques du genre, est personnel et découle directement de ce que j’avais mis en place avec mon jeu de figurine à la Heroquest : Les Survivants. En gros, c’est la fin du monde en France, au tout début des années 90. Le jeu lui se déroule environ 30 ans après le cataclysme dans un refuge perdu en pleine campagne Berrichone, le Muton Noir.

Le jeu se déroule dans la vraie vie en novembre 2017 dans la grange d’amis, en pleins travaux. Son côté délabré colle parfaitement avec l’ambiance d’un bar post-apo et après un travail d’aménagement et déco, le Muton Noir prend vie. Je vous passe les détails du jeu en lui-même (qui fut pour moi une réussite, grâce à l’aide d’amis inestimables de l’association La Mandragore et de ma compagne qui encore une fois a su me supporter et m’aider dans cette entreprise.) et fais un saut dans le temps de 2 ans…

Depuis le jeu de 2017, étant figuriniste, je me disais que ce serait sympa, un jour, de faire un décor du Muton Noir pour mes parties de Pillards et autres jeux post apo comme Fallout Wasteland Warefare. Mais vous savez, c’est encore un énième projet qu’il faudra un jour caser… Donc pas prêt d’avancer. Et puis se profile à l’horizon Retour vers le Ludique #6, en septembre 2019. Habituellement, notre association Le Cercle des Compagnons d’Oniros y intervient pour de l’initiation au jeu de rôle Grandeur Nature. Mais cette année, notre présence serait bienvenue dans la grande salle, pourquoi pas avec de l’initiation figurine. Et là, le plus simple vu le petit délai (nous sommes à deux semaines de RVL) est de faire du Pillards, vu qu’avec Uldaric nous avons une bonne base de décors et figurines post apo. Ok, c’est décidé, on réserve notre table pour de l’initiation à la sauce Mad Max !

Et puis vient l’idée folle de concrétiser cette idée : reproduire le Muton Noir à l’échelle 28 mm ! Le projet est gros, mais l’envie est là surtout que pour la petite histoire, la grange appartenait à l’un de nos amis de La Mandragore à qui nous allons faire la surprise… J’en parle à Uldaric qui est emballé par le projet et va m’aider dans cette entreprise. Sans plus attendre, je prépare un set de photos qui me servira de référence pour la réalisation du décor général et des éléments de mobilier.

 Le plus compliqué au départ, c’était pour le rapport d’échelle. Etant donné que ce devait être une surprise pour le propriétaire de la grange, je ne me voyais pas l’appeler et lui demander innocemment « dis voir, c’est quoi les dimensions de ta grange au fait ? Nan juste comme ça hein. ». Connaissant le monsieur, il m’aurait calculé de suite. A partir des photos donc, de l’espace disponible sur la table de jeu et la taille des figs, j’ai fait une estimation moyenne et après, en route pour le plan au sol. Bien entendu, j’ai dû faire quelques adaptations pour la jouabilité
intérieure (et mine de rien, au final, certaines zones étaient un peu
serrées malgré tout).

Une fois le plan au sol établi, je m’attaque aux murs. Pour cela, deux méthodes : utilisation de pvc expansé 3 mm sur lequel je vais appliquer un torchis (avec du plâtre) et moulage de beaucoup de briques (en plâtre résine) avec le moule Underground Brick Mold #343 de chez Hirst Art.

Petite mise en place sans collage, pour voir si tout s’imbrique bien.

Pendant ce temps là, de son côté, Uldaric me file un sacré coup de main en peignant certains éléments de décors que j’ai précédemment moulé en Hirst Art avec les moules Industrial Accessory Mold #326 et Factory Accessories Mold #331. Comme il possède une imprimante 3D, il trouve aussi des modèles tout à fait appropriés sur Thingiverse. Petit à petit, même loin d’être terminé, l’intérieur du Muton Noir prend forme et je jubile déjà.

Une fois le torchis terminé sur les murs pvc, et la quasi totalité des murs en brique monté, je fais une dernière mise en place avant de floquer mon sol.

Le sol floqué, je passe le tout en sous couche avec du Skeleton Bones de chez Army Painter, je m’attaque à la peinture des poutres pour les murs avec torchis. Ensuite, c’est le tour des murs en brique et enfin du sol béton.

Vient ensuite le montage des poutres intérieures (une véritable partie de plaisir…) et le passage Soft Tone (ou Strong Tone je ne sais plus pour le coup…) sur l’ensemble du décor.

Tandis qu’Uldaric avance la préparation de petits éléments de décors nouvellement imprimés par ses soins, je commence la réalisation du toit. Le comble c’est que je vais pour la première fois réaliser un toit en tuiles carton. Avant, je n’avais jamais eu le courage de le faire (j’ai même une maison médiévale en attente de toit depuis… 4/5 ans ?). Du coup, j’en ai coupé de la bandelette pour ce toit, à n’en plus finir. Pour sûr, le toit de la petite maison médiévale va être d’une simplicité à présent !

La grande question est ensuite la customisation du toit façon post apo. De peur de gâcher tout l’effet, j’ai juste réalisé une peinture rouillée, sans ajouter de parties abîmées, de tôle et tout ça. Une chose est sûre, même si l’effet était satisfaisant, il est prévu que je customise le toit pour le rendre « un peu plus sale ».

La semaine avant Retour vers le Ludique fut assez fatigante et mes nuits furent assez courtes. J’ai donc fait des choix et certains éléments ont été abandonnés ou reportés pour mes ateliers de finition post RVL. L’important était d’avoir un décor jouable et visuellement fini.

Les derniers éléments appliqués sont donc les portes, les tôles ondulées obstruant des passages, collage de posters (les mêmes que ceux du GN, imprimés en miniature), collage des bâches qui séparaient les pièces en jeu, etc.

Dernière ligne droite. Pendant ce temps-là le toit sèche
dans le garage.

Enfin ! C’est terminé. Il est tard mais je ne résiste pas à l’envie de placer tout le mobilier à disposition pour voir ce que ça fait et que dire si ce n’est que je replonge en 2017, à l’intérieur du Muton Noir. La grosse liberté par rapport à la grange d’origine est le trou béant, au fond qui a été aménagé spécialement pour permettre un passage facile aux figurines et aux véhicules lors des parties de Pillards.

Et nous voilà sur Retour vers le Ludique ! La table de jeu a tourné tout le week-end et nous étions vraiment contents avec Uldaric. La réalisation du Muton Noir fut un superbe travail d’équipe que je suis heureux de partager avec vous sur notre blog. Nul doute qu’il y aura d’autres réalisations de ce genre.

Un grand merci à celles et ceux qui ont joué sur notre table au cours du week-end ! Le Muton Noir était à l’honneur et il le méritait bien ! Merci d’avoir lu jusqu’au bout et à bientôt pour un nouvel article !